Qui êtes-vous ?

Jeune parisienne partie à l'aventure en solitaire (ou presque) autour du monde. Bienvenue dans ma vie et à la découverte de mes folles aventures.

lundi 25 août 2014

Week end de rêve

Ia orana ! 

Troisième semaine de travail et mon premier jour férié: qui dit mieux ! Ayant toujours été en vacances et pas très attentive, je n'avais jamais remarqué que le 15 août était férié. Jusqu'à cette année où ce merveilleux jour férié est tombé un vendredi et m'a offert sur un plateau un week-end de trois jours. Et quel week-end !

J'ai passé mon vendredi en compagnie d'une de mes colocs et d'une amie. Ma coloc partant de Bora en début de semaine, elle voulait profiter pleinement de ses derniers instants sur l'île. On est parties tôt le matin en stop, comme d'habitude, et on a eu une chance incroyable parce que les deux voitures successives qui nous ont prises avaient des coffres ouverts où l'on s'est installées. Rien de tel que cette sensation de liberté sur la route, quand le soleil brille, que tes cheveux volent au vent et que tu es en bonne compagnie. 


On s'arrête au milieu de nul part et on descend. À notre gauche, des paréos forment une sorte de barrière. On est arrivées à la "boutique" de mamas du coin qui font des paréos à la main. On passe un petit passage et on se trouve entourées de paréos. Ils sont partout, de toutes les couleurs, et avec de nombreuses formes différentes. On a un peu l'impression de remonter dans le temps à l'époque hippie puisque la technique est la même que pour les tissus un peu hallucinogène de l'époque, tie and dye il me semble. Le principe est simple, tu prends un morceau de tissu blanc, tu le trempes bien, tu le plies d'une certaine façon - il existe plus d'une centaine de façon de plier ce bout de tissu qui résultent tous en des motifs différents - et tu le trempes dans des pots de peinture pour tissus. Rien de bien compliqué mais le résultat est top !

(les paréos dans le fond ne sont pas du tout ceux dont je parle)

Ensuite, pour un résultat encore plus magique, tu étends le paréo au soleil et tu poses dessus des motifs en lino, qui vont apparaître sur le résultat final. Tout les motifs sont fait à la main par les différents membres de la famille et ils se relayent tous pour faire tourner le business. Donc bien sûr, tu peux en acheter un déjà fait, ou tu peux en faire un complètement personnalisé en choisissant tes couleurs, tes motifs et même y apposer un message. Il faut ensuite attendre que le paréo sèche (environ 15 min), puis il n'y a plus qu'à enlever les motifs et voilà ! 


Ils vendent également des bijoux, et le top du top: ils donnent des morceaux de fruits. Miam !
En général de nombreux groupes de touristes passent par là avec les excursions mais on a eu la chance d'être les seules sur place pendant toute notre visite. Pendant notre attente, une des femmes nous a même fait une présentation sur quelques façons d'attacher un paréo. J'aurais dû la filmer, c'était impressionnant et j'en ai malheureusement déjà oublié la quasi-totalité.

Il y avait également des paréos peint à la maison. Ils commencent par peindre sur le tissu blanc - des fleurs en général - puis continuent avec le processus habituel. Le résultat est très sympa.

On est rentrées avec nos paréos et le sourire aux lèvres. Un peu plus tard, notre amie nous a rejoint et on est parties toutes les trois à Matira, la plage de l'île. On s'est arrêtées à un petit snack pour prendre un déjeuner, où la nourriture est bonne et la vue à couper le souffle.



Pas mal non? À la fin du repas, on part par la plage et on marche les pieds dans l'eau. Comme je disais, il n'y a qu'une seule vraie plage sur toute l'île, en général le bord de l'eau est soit vaseux soit difficilement accessible. Mais la plage est plutôt grande, agréable, et jamais bondée, même le week-end. On décide de continuer notre chemin jusqu'à l'Intercontinental. Tout est question d'assurance: on passe l'entrée comme si de rien était, et personne ne nous arrête. Je doute que l'entrée soit vraiment libre, donc il vaut mieux ne pas trop se faire remarquer. De là, on va droit à la plage de l'hôtel pour se poser. Et là, alors que j'en rêvais depuis mon projet de partir de Bora, je le trouve enfin: mon hamac sur la plage au bord de l'eau. J'aurais pu passer ma vie là dessus, trop bien installée, à me balancer doucement avec une vue de rêve devant les yeux. Il n'y a pas à dire, même si je suis ici pour travailler, chaque week-end me donne l'impression d'être en vacances.


Je quitte un instant mon hamac chéri pour aller me baigner. Je me tourne vers ma droite et aperçoit un nuage gris non loin de là. Je demande à ma coloc qui est à coté de moi "à ton avis, c'est des nuages vraiment bas ou il pleut?" en désignant l'endroit en question. Elle me dit de pas m'inquiéter, mais je décide tout de même d'aller protéger mes affaires, au cas où. Je n'ai même pas eu le temps de regagner la plage que je suis touchée par les premières gouttes d'eau. Le temps d'attraper mes affaires et la pluie s'intensifie. Après un moment d'hésitation à couvert sous un abri de plage de fortune, je cours vers le restaurant et regarde le déluge bien à l'abri. J'avais oublié ces tempêtes tropicales qui arrivent d'un coup et repartent aussi vite. Puisqu'en effet, une dizaine de minutes plus tard, le ciel est à nouveau dégagé et on retourne s'installer sur la plage. 

À l'Intercontinental, le Fare Nautique donne accès à plusieurs types d'embarcation gratuitement. Alors sans la moindre gêne, on est allées demander des paddles. Je rêvais d'essayer, ça tombe bien. Bon, il y avait quelques vagues, et j'ai fait une superbe chute - que personne n'a vu j'espère bien. Mais je me suis bien amusée, debout sur ma planche, à l'encontre des éléments. 


Debout sur ma planche, je m'avance, bravant courageusement les éléments, quand je remarque une tache foncée. Algue? Corail? Elle se met à bouger ! Je me rapproche alors, et réalise qu'il s'agit d'une raie. Il y a un paquet ici, j'en avais vu depuis la plage la semaine dernière, et voilà que j'en vois à nouveau. Je la suis un peu mais elle va décidément trop vite pour moi. Je finis par regagner la terre ferme et on se lance dans une série de photos en tout genre avec mes amies. Je vous passe la série pour me contenter d'un magnifique selfie (gosh, je ne sais pas ce qui m'arrive) avec les bungalows en arrière fond.


Le soleil entame sa descente et on repasse sur la plage pour profiter des derniers rayons de soleil. Il faut dire qu'ici le soleil a tendance à se coucher super tôt. Là encore, on a pris plein de photos, et on s'est bien amusés. Et le coucher de soleil était superbe.



Et vous vous dîtes que c'est déjà pas mal pour un week-end. Mais ce n'est pas tout ! 

La journée du samedi était tranquille, journée à la plage avec une bande de stagiaires de l'hôtel et mon autre coloc. Il a plu un peu, mais il a principalement fait beau. Rien d'exceptionnel, mais une belle journée tout de même.

Dimanche, mes deux colocs travaillaient et je devais donc affronter l'idée de passer la journée seule, sans plan précis. J'irais même jusqu'à dire que j'étais un peu ronchon en apprenant que plusieurs autres stagiaires allaient essayer d'aller voir les baleines qui commencent à arriver au large de Bora et que personne n'avait pris la peine de m'inviter. Je crois même que je suis allée me plaindre que je n'arrivais pas à m'intégrer ici, ce qui était peut-être un peu extrême. Toujours est-il que j'étais assise sur la table de la terrasse avec une de mes colocs en début de matinée, avant qu'elle se mette à bosser quand un voisin passe lui dire bonjour. Il lui propose de faire quelque chose aujourd'hui, mais elle refuse prétextant devoir travailler (ce qui est, en soi, une bonne excuse). Il se tourne vers moi, qu'il ne connait pas du tout, et me demande si j'ai quelque chose de prévu. Je répond que non, et il m'invite tout naturellement à passer la journée avec lui sur un bateau. Je n'ai eu besoin d'aucun temps d'hésitation pour répondre oui avec enthousiasme !

Le temps d'aller chacun de son coté préparer un sac pour nos aventures de la journée et on est prêt à partir. On enfourche donc son scooter et c'est parti mon kiki ! Petite pause pour acheter de l'eau et de quoi manger, puis on repart direction le Sofitel cette fois. On entre dans l'hôtel et on repart par la mer cette fois, à bord d'une petite embarcation, un véritable coquille de noix armée d'un moteur de 6 chevaux. On s'est à peine éloignés de la rive qu'il me demande de prendre les manettes, moi qui n'ait jamais conduit un bateau de ma vie ! Je le regarde hésitante, mais il me rassure et me montre rapidement comment faire. Je m’exécute et me voilà aux commandes de notre barque. 


Pendant ce temps, il prépare sa ligne de pêche, avec l'espoir de remonter une belle prise pour manger le soir même. J'ai même eu le droit de tenter la pêche également. On a lancé la ligne une grande partie de la journée. J'ai eu une première touche, mais rien de concret. Un barracuda a coupé la ligne ensuite. Puis en fin de journée, j'ai réussi à remonter une petite carangue ! Mais étant trop petite, on l'a remise à l'eau. Mais j'ai remonté quelque chose, héhé !


Après notre malheureuse rencontre avec un barracuda féroce, il me demande si j'ai déjà eu l'occasion de faire l'excursion Shark & Ray, un peu le truc à faire ici. La réponse est non, j'attends de recevoir mon caisson étanche pour pouvoir prendre des photos et rendre tout le monde jaloux (ou juste garder des souvenirs de ce truc de dingue). Il se trouve qu'il est caméraman pour les excursions et connaît donc les points où on peut trouver nos petits amis sous marins. Il m'emmène donc sur l'un des spots. Au passage, on croise de nombreuses raies, jusqu'à s'arrêter dans un coin d'eau limpide. Le bateau ne tarde pas à se retrouver encerclé de requins. Ah mince, j'ai oublié de préciser que je suis pas très fan de ces créatures. Ah, il faut que j'aille à l'eau? Ah... Oh et mince, on ne vit qu'une fois, je saute ! Il faut dire que l'occasion est trop belle pour la passer: nous sommes absolument seuls et j'ai mon masque et mon tuba dans mon sac. Je suis la seule à l'eau avec mes 8 potes les requins et des tonnes de poissons. 

(oui, la grosse tâche grise, c'est un requin)

Et quand je m'éloigne un peu, qui vois-je soudain? Deux grosses raies immobiles, sûrement en train de dormir. Je m'approche encore un peu, et voilà qu'elles se redressent, secouent le sable qui les recouvrent, et s'éloignent très dignement, comme si elles volaient.

On finit par remonter à bord et on se dirige cette fois vers le récif, en s'arrêtant sur une avancée rocheuse. Je suis bien contente d'avoir mes tongs, car ce n'est pas exactement plat mais plutôt acéré. Derrière nous, le large qui se fracasse contre la barrière de corail. Devant nous s'étend le somptueux mont Otemanu et l'île de Bora. La vue est vraiment superbe.




Pfffiou, j'ai beau avoir pris les photos, j'arrive quand même à avoir du mal à y croire quand je les revois. La couleur de l'eau quoi ! 

Bref, toujours est-il que nous ne nous sommes pas arrêtés là. Notre dernier arrêt s'est fait sur la plage d'un motu, déserte encore une fois. On s'est baigné, on a parlé, et on a joué à Robinson Crusoé en ouvrant une noix de coco avec les moyens du bord soit une ancre et un bout de bois. Après avoir testé, je confirme que je ne suis pas très fan de la noix de coco. Mais l'expérience était juste trop géniale pour passer à coté. 


En plus d'avoir passé une super journée, j'ai aussi eu l'occasion de rencontrer un type adorable. J'espère avoir l'occasion de le recroiser souvent. :)


Quel week-end ! J'espère en vivre de nombreux autres aussi cools durant mes six mois de stage ici. Et ça me semble bien parti.

Nana !

vendredi 22 août 2014

Première semaine / Week End pluvieux

Ia orana !

Lundi, j'ai fait mes premiers pas dans mon nouveau poste et dans mon nouveau rôle de stagiaire qui m'accompagnera pour les six prochains mois. J'avais à mes cotés la stagiaire que je remplace pour me former. Et puisqu'elle est logée dans la même résidence que moi, elle a été là pour me guider dès ce lundi matin 7h, pour mon premier trajet jusqu'au travail. Et quel trajet !

- 20 min de taxi de chez moi à la base de l'hôtel - minibus pour cette première semaine puis des sortes de bus aménagés, il faut que je prenne des photos, c'est à voir
- 10 min de bateau pour aller de l'île principale au motu
- 15 min de marche pour aller du ponton employé à mes bureaux - le décor est plutôt sympa, je dois l'avouer, et quand tu as de la chance, tu peux même avoir un pick up en club car parce que ça va quand même plus vite

Je vous l'accorde, c'est quand même plus sympa qu'un trajet bus - métro - RER, je ne me plains pas. Et si le premier réveil à 6h est douloureux pour quelqu'un qui, comme moi, n'est pas forcément du matin, on finit par prendre le pli. Déjà, avec le temps, j'ai bougé à 6h15 ou 6h30 selon les jours, mais en plus, voilà plusieurs fois que je me réveille quelques minutes avant mon réveil. Des choses étranges se passent ici moi je dis...

Si le trajet pour aller du ponton à mon bureau se fait maintenant presque les yeux fermés pour moi, la première semaine, il m'est apparu indéchiffrable et le resort comme un labyrinthe géant et superbe. J'étais bien contente d'avoir un guide pour mes premiers jours en la personne de l'ancienne stagiaire. C'est un réel plaisir que de marcher le long du lagon intérieur de l'hôtel, de traverser ses petits ponts et d'apercevoir juste en dessous une multitude de poissons, ou de voir se cacher des crabes dans le sol (spoiler: il y a des crabes de terre partout ici !). On aperçoit aussi le mont Otemanu, avec en premier plan les bungalows sur pilotis.

(photo trouvée sur internet pour vous faire patienter)

Non pas de doute, mon trajet quotidien a de quoi en faire rêver plus d'un, et un mois plus tard, je ne m'en suis toujours pas lassée. Là encore, pas de photos pour l'instant, mais vous pourrez en trouver sur internet si ça vous intéresse vraiment, en attendant que j'en prenne moi même - il est normalement interdit de prendre des photos SAUF pendant une formation pour tous les nouveaux employés où on visite l'hôtel, et je compte bien en profiter à ce moment. Stay tuned !

J'ai eu quatre jours de formation, et le vendredi de ma première semaine, je me suis retrouvée seule devant mon ordinateur. En soi, mes tâches quotidiennes sont simples, mais il y a toujours des problèmes par ci par là à résoudre et en général j'ai de quoi occuper mes 39h de travail hebdomadaire. J'ai quelques fois des moments de creux, mais il suffit que je demande à ma superviseure si je peux l'aider pour avoir de quoi m'occuper. Aujourd'hui, je me suis vue donner une mission: traduire de l'anglais des procédures pour la maintenance. De quoi occuper mes heures creuses pendant un moment ! Sinon, je vais avoir l'occasion de remplacer deux collègues pendant leurs vacances respectives et ainsi voir un peu d'autres aspects du département où je trouve ma place tranquillement. 

* * *

Ma première semaine a pris fin, et j'attendais avec impatience mes deux jours de liberté pour partir à la découverte de l'île qui hébergera mes folles aventures pour les six prochains mois. Mais le climat en a décidé autrement. Il a plu tout le week-end, et certes l'eau n'est pas glacée, mais ça ne donne pas plus envie d'aller se coller en dessous. J'ai quand même trouvé le temps d'aller faire mes courses samedi matin, lors d'une éclaircie, en stop parce qu'il faut garder ses bonnes habitudes. Mais en dehors de ça, j'ai principalement regardé la pluie tomber, et en ai profité pour me reposer. 

Visiblement, il y a deux ans, il a plu pendant presque un mois d'affilé pendant la saison des pluies. Pour vous donner une idée. Pour l'instant, j'ai eu presque une semaine d'affilée, je trouve déjà ça pas mal, si on pouvait se donner ça comme limite, ça m'irait bien. 

mardi 19 août 2014

Journée sur un motu

Ia orana !

Après 13h d'un repos bien mérité, je me lève fraîche et dispo pour mon premier jour sur Bora Bora. Et il faut croire que la chance m'accompagne puisque le beau temps est de la partie. Oui, je me doute que ça vous semble évident, Bora Bora, paradis, tout ça, tout ça. Et pourtant, il pleut ici aussi, et pas qu'un peu. Mais pas ce jour là. Non, ce samedi, il a fait un très beau temps. 

On m'avait proposé de participer à une "journée cata" la veille. Je ne savais pas trop à quoi m'attendre, mais je savais que je voulais profiter pleinement de l'île, alors je n'ai pas réfléchi deux fois avant de dire oui. Ma coloc se décide à me joindre après quelques hésitations et nous nous retrouvons donc sur le bord de la route, le pouce levé. Oui, il est temps que je vous informe un peu sur les moyens de transport de Bora Bora. 

L'île est doté d'une seule route, et le tour se fait en moins d'une heure en voiture. Avec une limite de vitesse variant entre 40 et 60 km/h, je vous laisse juger de la superficie de l'île. Certains auraient même apparemment fait le tour de l'île à pied, c'est dire ! De nombreuses voitures partagent la route avec les scooters. Si les gens portent bien un casque, et ne sont jamais en surnombre sur leurs engins comme j'ai pu le voir en Asie, on ne peut pas dire qu'ils portent de protection, et le moindre choc est donc brutal. Il y a quelques taxis sous forme de minibus ou de camions/4x4 réaménagés avec des sièges à l'arrière. Ce sont mes préférés. Pour les connaisseurs, imaginez un certain Mitsubishi avec une sorte de construction à l'arrière digne des camions de l'armée avec toit et deux banquettes. Il faudra que je pense à prendre des photos, ce sera plus clair. Toujours est il que malgré la petitesse de l'île, de nombreux véhicules sont présents. D'où le pouce, ou stop si j'arrête de parler à la québécoise. Ça marche très facilement ici, les gens sont accueillants, et tant que tu ne le fais pas trop seule après le coucher du soleil, c'est relativement safe. Il ne faut juste pas être pressé en fait. 

Une voiture s'arrête et on grimpe à bord, direction Matira, la seule plage de l'île (j'vous ai choqué là non? pourtant c'est la vérité). De là, on cherche le point de départ de notre navette, sans trop savoir où se diriger. Il faut dire que si je suis arrivée la veille et ne suis donc d'aucune aide, ma coloc n'est pas là depuis bien longtemps et n'en mène pas bien large non plus. Puis un homme nous fait signe, et nous demande si on part pour la journée cata. Dès qu'on acquiesce, il nous fait signe de le suivre, et part rattraper le bateau qui commence à s'éloigner. Close call ! On monte donc à bord, direction un des motus. Comme dit dans l'article précédents, il s'agit de petits îlots qui parsèment les alentours de l'île principale, le tout formant ce qu'on appelle Bora Bora.

Avec le ciel bleu comme toile de fond, le bateau prend de la vitesse et s'avance sur l'eau turquoise et transparente du lagon. Les photos, les films, tout ce que j'ai pu voir de Bora Bora avant de venir, toutes ces images n'avaient pas menti. L'eau est aussi bleue qu'on l'attend.


On arrive finalement sur le motu. Là, on retrouve le fameux cata qui a donné son nom à ces journées qui se déroulent une fois par mois. 


Le concept est simple: tu payes l'entrée (les transferts en bateau en somme) et tu peux passer la journée sur le motu à profiter d'un petit coin de paradis avec de la musique. Il y a également quelques cabanons où se protéger du soleil, un filet de volley sur le sable, et quelques tables de pique nique dans l'eau. Il y a même une statue en pierre dans l'eau qui donne une touche magique à l'ensemble. En face se dresse la montagne de Bora. La vue est splendide.




Avec les quelques personnes qui m'accompagnent, on s'installe sur une des tables les pieds dans l'eau, et on discute. Quand on décide d'aller se baigner, l'eau est chaude. En même temps, la dernière fois que je me suis baignée, c'était en Bretagne alors à peu près tout semble être une amélioration suite à ça. 

Mon masque et mon tuba ne quittes jamais mon sac de plage, et je décide d'aller m'éloigner un peu du bord pour voir. Quelle ne fut pas ma surprise de tomber nez à nez avec plusieurs statues au fond de l'eau, accompagnées de quelques bancs de poissons. De quoi barboter dans l'eau pendant un moment. Surtout quand je suis rejointe par ma coloc et son appareil photo waterproof. 




On s'est bien amusées avec l'appareil, et j'ai hâte de recevoir mon caisson d'appareil par la poste, ce dernier ayant trouvé de bon goût d'arriver le jour de mon départ, mais après que j'ai quitté la maison. Goujat... 

On rentre en fin de journée avec le coucher de soleil et du rêve plein la tête. Difficile de faire mieux que ça pour une première vraie journée à Bora.


Nana !

vendredi 15 août 2014

Envol, en vol !

Tout a commencé un peu sur un coup de tête.
Il ne me restait plus que quelques mois d'étude avant de me lancer dans la vie active, et je me demandais ce que j'allais bien pouvoir faire de ma vie. Outre mes possibilités d'emploi une fois mon diplôme en poche, il s'agissait aussi de savoir où j'allais bien pouvoir rouler ma bosse cette fois. Il faut dire que j'ai la bougeotte, il suffit de demander à mes parents, ça fait 4 ans que j'ai quitté le cocon familial mais également le pays qui m'a vu (en grande partie) grandir. Et à leurs yeux, c'est comme si j'essayais de m'éloigner toujours un peu plus. Je ne sais pas si c'est vrai, mais cette nouvelle aventure leur donne en tout cas raison.

En effet, de mes envies de partir est germé l'idée d'une destination ma foi idyllique et un peu inattendue. Avant de me lancer dans une recherche de stage systématique sur la région, je n'avais jamais pensé à y aller. Et pourtant, m'y voilà maintenant avec un stage en finance dans un resort 5 étoile sur une des Iles sous le Vent: Bora Bora. Pour arriver là, j'ai envoyé une candidature spontanée à tous les hôtels dont je trouvais les coordonnées. Il faut croire que l'audace rapporte car j'ai eu plusieurs réponses, plusieurs entretiens et même plusieurs offres. N'attendez plus les cocos, la Polynésie vous attends ! 

Maintenant que vous savez tout sur le comment du pourquoi je me suis retrouvée ici, laissez moi vous raconter mon périple vers cette île lointaine. 3 avions, 21h de vols, 32h d'escale et 12h de décalage horaire !

Le premier m’a emmené jusqu’à Los Angeles, il s’agissait du trajet le plus long avec un beau temps de vol de 11h40. J'ai déjà eu des vols plus long, mais ça reste un certain temps à passer coller dans un siège étroit. J'ai beau adorer prendre l'avion, les sièges sont mon pire cauchemar. Impossible d'être bien installé dans ces instruments du diable. À force de prendre l'avion, j'ai pris l'habitude d'attendre le dernier appel d'embarquement pour me présenter à la porte. Ça m'évite de faire la queue et de me presser à aller dans l'avion et me laisse un certain temps en plus pour profiter de mon ordinateur. Mais je dois avouer que j'ai battu cette fois tous mes propres records. Lorsque je suis arrivée devant le personnel au sol, ils étaient sur le point de faire un appel à mon nom (pas uniquement le mien je vous rassure). Du coup, pas une seconde d'attente, alors que je retrouve normalement un bout de queue à la porte de l'avion. C'était assez royal je dois l'avouer. J'arrive à mon siège, coté hublot, fin d'avion donc moins de stage et un peu d'espace avec le bord de l'avion, un truc cool quoi. Mais je n'ai même pas le temps de poser mon sac que la dame qui sera ma voisine pour les 12h prochaines heures me demande si je serais d'accord pour échanger de siège avec son fils... J'ai commencé par dire non, et puis j'ai eu pitié du petiot, c'est un long vol, et je sais à quel point c'est plus agréable d'être à coté de ses parents pour un vol aussi long. M'enfin, voyager à 4 (parce qu'ils étaient 4 dans la famille) et se débrouiller pour n'avoir AUCUN siège à coté, faut le vouloir quoi. Va falloir améliorer ses talents de voyageurs les p'tits. Toujours est-il que j'ai laissé mon siège et me suis retrouvé à coté d'un couple au mari un peu en surpoids et pas très généreux de l'accoudoir, en couloir, et un peu agacée. Les ronflements de mon cher voisin pendant une partie du vol n'ont pas exactement amélioré la situation. Mais j'ai eu le droit à une glace pendant le vol, c'est toujours ça de pris.

Après mes 12h de vols, un certains nombre de films, un petit dodo, et l'impression que le temps passe parfois bien trop lentement, nous avons entamé notre descente vers Los Angeles. LAX, après t’avoir si souvent entendu cité dans films, séries ou tabloids (quoi, non, je ne lis pas ce genre de choses enfin!), me voici! Et avec une escale de 8h, je compte bien sortir et aller explorer un peu tes environs!

Oui, sauf que voilà, tout ne s’est pas déroulé comme prévu. Spoiler, j’ai bien eu mon second vol, on ne panique pas, ok. Déjà, il faut savoir qu’ayant pris mes billets en plusieurs fois, ma valise n’a pas fait la transition toute seule, il a fallu que je la récupère à l’arrivée pour la réenregistrer. Entre la sortie de l’avion, le passage à la douane, et le nouvel enregistrement, j’avais déjà perdu 2h. Mais je suis tombé sur un douanier adorable qui trouvait dommage que je ne profite pas plus longtemps de Los Angeles. Je suis bien d’accord, mais comme je lui ai dit, je compte bien me rattraper au retour. Mais c’est une autre histoire! Donc, une fois débarrassée de mes bagages, je sors, et fais demi tour aussi sec direction le point d’information parce que je ne sais pas du tout comment m’y prendre. Le plan : aller à Venice Beach. On m’avait dit que ça prendrait 30min en bus. En vérité, il en faut 3 des bus. Et vu que j’ai attendu le premier 30min, je déclare qu’il s’agissait d’un mensonge. Mais pas grave, je compte bien aller sur cette plage mythique, ne serait-ce que pour une demi-heure! Le bus navette pour sortir de l’aéroport arrive, et je trouve sans mal le premier changement (ok, j’avoue, j’ai eu de l’aide, mais chuuuut). J’avais à la main mon petit papier donné par l’hôtesse de l’aéroport avec les instructions pour aller jusqu’à la plage. Je sors donc de mon premier bus et vois le second bus s’éloigner, signe clair que je viens de rater le dit bus. C’est mon jour de chance les amis! Je vais donc m’installer à l’arrêt de bus pour attendre le suivant, qui finit par arriver. Le ticket est à 1$. Oui, mais je n’ai qu’un billet de 20$ et le chauffeur ne fait pas de monnaie. Il était prêt à m’aider, me casser mon billet de 20$ ou que sais-je, me laisser voyager gratuitement… quand mon sauveur est arrivé et a offert de payer mon ticket. J’ai retrouvé foi en l’espèce humaine. Inconnu du bus, je t'aime !

Je m’installe donc dans le bus, papier en main, et suis bien le nom des stations qui s’affiche dans le bus, attendant l’arrêt Lincoln and Venice Blvd. On passe bien un arrêt Venice blvd mais Lincoln ne faisant pas partie du package, je me demande mais je ne descends pas. Certes, on est sur Lincoln Bld, d'après le nom des stations précédentes. Mais c'est pas le même non d'arrêt, donc ça ne doit pas être ça, si? Je m’inquiète bien de voir le bus tourner et quitter Lincoln Bld, mais je ne méfie pas… J’aurais dû. Parfois, je suis un peu trop littérale pour mon propre bien, ou j'ai un sens pratique défaillant. Je finis par aller demander au chauffeur une dizaine d’arrêt plus loin, et il m’apprend que c’était bien l’arrêt auquel j’aurais dû descendre. Bon, bah merde. Il m’arrête donc à l’arrêt suivant, et pendant que j’attends que le feu piéton daigne me donner la permission de traverser, je vois le bus que je dois prendre passer dans l’autre sens. Bon bah c’est pas mon jour pour prendre le bus visiblement. Vu que j’ai le temps maintenant, je passe dans une station service pour faire du change sur mon billet de 20$. J’ai donc maintenant une liasse de billet de 1$ assez impressionnante. Gangsta style.

Je me retrouve donc à nouveau à un arrêt de bus à attendre. Heureusement que j'avais un livre dans mon sac avec tout ça moi. Le bus finit par arriver, je monte et paye. Pas de siège de libre cette fois, mais une dame assise sur un caddie qui vend des roses en plastique et qui prend 4 places… God bless America. Bon, suite à ma mésaventure busienne, et parce que l’heure tourne, je décide de zapper le projet plage, parce qu’il est 20h15, qu’il fait nuit et que la plage la nuit, bah voilà quoi. Et puis de toute façon, j'avais prévu de partir de la plage à 20h30 pour être rentrer bien deux heures avant l'embarquement comme on m'a dit de faire. Du coup, c’est la queue entre les jambes que je décide de rentrer directement à l’aéroport. Je passe les douanes sans encombre et vu le prix plus qu’exorbitant des sandwichs (9$ pour un sandwich digne d’une station service ? pardon ?) je me rabats sur un sachet de chips à un prix un peu plus abordable et une longue attente avant mon prochain vol. 2h avant l'embarquement... quelle blague ! Pour être honnête, vers la fin, je pique sérieusement du nez, et je crois n’avoir jamais été aussi ravie de pouvoir monter à bord. Vous pouvez vous en douter, j’ai sombré directement, me suis réveillée pour les repas et ai recommencé à dormir aussitôt après. Le genre de vol parfait quoi.

Me voilà donc arrivée à Tahiti à 5h35 du matin, les yeux pas tout à fait en face des trous mais bien contente d'être arrivée sur cette belle île où je vais passer la journée et la nuit avant de prendre mon dernier vol direction Bora Bora. Alors là aussi, toute une histoire. J’avais à la base prévu cette pause dans le trajet pour essayer de voir une amie de cours en stage à Tahiti. Sauf qu’elle m’a appris une semaine plus tôt qu’elle ne serait finalement pas sur l’île. À partir de là, branle bas de combat pour trouver un logement pour la nuit, et c’est grâce à une cousine éloignée que j’ai trouvé ! Imaginez vous le contact de contact de contact, un truc un peu tordu mais au final très pratique. J’ai été accueillie royalement, avec une couronne de fleur à la sortie de l’aéroport. Parce que oui, malgré une arrivée très matinale, et une relation sortie d'un chapeau de magicien, on est venu me chercher à l’aéroport. On m'avait dit que les tahitiens étaient accueillants, j'en ai eu la preuve.


J’ai pu passer la journée à me reposer et à profiter d’une vue de rêve, avec même un petit tour dans la piscine.


Le soir, on est allé manger dans une roulotte, tradition locale, une sorte de restaurant installé dans un van, avec des tables à coté. J’ai mangé du poisson et du riz, un délice ! Une fois rentrés, je me suis écroulée, et tant mieux parce qu’avec un vol à 7h15 le lendemain matin, il fallait que je me lève tôt.


Là encore, j’ai eu le droit à un trajet jusqu’à l’aéroport, et des conseils pour profiter de la vue : se mettre sur le coté gauche de l’avion. J’étais donc dans les starting block dans la salle d’embarquement et la première en ligne pour monter dans l’avion. J’ai donc eu sans mal un siège avec hublot et ai pu voir se succéder les îles une fois en vol. Court le vol d’ailleurs, et après avoir survolé quelques autres îles toutes aussi belles, on entame la descente sur Bora Bora.



Premier aperçu de l’endroit où je vais passer les 6 prochains mois. Le lagon est d’un bleu turquoise comme j’en ai rarement vu. On peut voir les resorts et leurs bungalows sur les motus (îlots) et l’île principale qui se dresse fièrement au centre.


L’avion se pose et me voilà arrivée. Je rejoins le petit aéroport et attend mes bagages. Ici, pas de tapis roulant, les bagages sont délivrés à la main directement aux passagers.


Je récupère les miens et pars prendre la navette gratuite de l’aéroport qui me mènera jusqu’à la ville de l’île principale.


Enfin ville… c’est un bien grand mot pour représenter le centre de la vie locale où se rassemblent la mairie, la poste, la gendarmerie, les pompiers, et les principales boutiques. On a très vite fait le tour, et en dehors des boutiques de perles, il n’y a pas grand-chose comme commerces. À la sortie de la navette, je suis accueillie par la responsable logement de l’hôtel, qui prend les rênes pour une journée intense. Téléphone, course, logement, déjeuner sur la plage, pharmacie, on fait le tour de l’île plusieurs fois et c’est un peu sur les rotules que je me pose finalement dans mon nouveau logement avec de quoi manger, un téléphone qui marche et toutes mes affaires. Mon premier jour à Bora Bora se finit à 20h30 pour une bonne nuit de repos bien mérité.