Ia orana !
Troisième semaine de travail et mon premier jour férié: qui dit mieux ! Ayant toujours été en vacances et pas très attentive, je n'avais jamais remarqué que le 15 août était férié. Jusqu'à cette année où ce merveilleux jour férié est tombé un vendredi et m'a offert sur un plateau un week-end de trois jours. Et quel week-end !
J'ai passé mon vendredi en compagnie d'une de mes colocs et d'une amie. Ma coloc partant de Bora en début de semaine, elle voulait profiter pleinement de ses derniers instants sur l'île. On est parties tôt le matin en stop, comme d'habitude, et on a eu une chance incroyable parce que les deux voitures successives qui nous ont prises avaient des coffres ouverts où l'on s'est installées. Rien de tel que cette sensation de liberté sur la route, quand le soleil brille, que tes cheveux volent au vent et que tu es en bonne compagnie.
On s'arrête au milieu de nul part et on descend. À notre gauche, des paréos forment une sorte de barrière. On est arrivées à la "boutique" de mamas du coin qui font des paréos à la main. On passe un petit passage et on se trouve entourées de paréos. Ils sont partout, de toutes les couleurs, et avec de nombreuses formes différentes. On a un peu l'impression de remonter dans le temps à l'époque hippie puisque la technique est la même que pour les tissus un peu hallucinogène de l'époque, tie and dye il me semble. Le principe est simple, tu prends un morceau de tissu blanc, tu le trempes bien, tu le plies d'une certaine façon - il existe plus d'une centaine de façon de plier ce bout de tissu qui résultent tous en des motifs différents - et tu le trempes dans des pots de peinture pour tissus. Rien de bien compliqué mais le résultat est top !
(les paréos dans le fond ne sont pas du tout ceux dont je parle)
Ensuite, pour un résultat encore plus magique, tu étends le paréo au soleil et tu poses dessus des motifs en lino, qui vont apparaître sur le résultat final. Tout les motifs sont fait à la main par les différents membres de la famille et ils se relayent tous pour faire tourner le business. Donc bien sûr, tu peux en acheter un déjà fait, ou tu peux en faire un complètement personnalisé en choisissant tes couleurs, tes motifs et même y apposer un message. Il faut ensuite attendre que le paréo sèche (environ 15 min), puis il n'y a plus qu'à enlever les motifs et voilà !
Ils vendent également des bijoux, et le top du top: ils donnent des morceaux de fruits. Miam !
En général de nombreux groupes de touristes passent par là avec les excursions mais on a eu la chance d'être les seules sur place pendant toute notre visite. Pendant notre attente, une des femmes nous a même fait une présentation sur quelques façons d'attacher un paréo. J'aurais dû la filmer, c'était impressionnant et j'en ai malheureusement déjà oublié la quasi-totalité.
Il y avait également des paréos peint à la maison. Ils commencent par peindre sur le tissu blanc - des fleurs en général - puis continuent avec le processus habituel. Le résultat est très sympa.
On est rentrées avec nos paréos et le sourire aux lèvres. Un peu plus tard, notre amie nous a rejoint et on est parties toutes les trois à Matira, la plage de l'île. On s'est arrêtées à un petit snack pour prendre un déjeuner, où la nourriture est bonne et la vue à couper le souffle.
Pas mal non? À la fin du repas, on part par la plage et on marche les pieds dans l'eau. Comme je disais, il n'y a qu'une seule vraie plage sur toute l'île, en général le bord de l'eau est soit vaseux soit difficilement accessible. Mais la plage est plutôt grande, agréable, et jamais bondée, même le week-end. On décide de continuer notre chemin jusqu'à l'Intercontinental. Tout est question d'assurance: on passe l'entrée comme si de rien était, et personne ne nous arrête. Je doute que l'entrée soit vraiment libre, donc il vaut mieux ne pas trop se faire remarquer. De là, on va droit à la plage de l'hôtel pour se poser. Et là, alors que j'en rêvais depuis mon projet de partir de Bora, je le trouve enfin: mon hamac sur la plage au bord de l'eau. J'aurais pu passer ma vie là dessus, trop bien installée, à me balancer doucement avec une vue de rêve devant les yeux. Il n'y a pas à dire, même si je suis ici pour travailler, chaque week-end me donne l'impression d'être en vacances.
Je quitte un instant mon hamac chéri pour aller me baigner. Je me tourne vers ma droite et aperçoit un nuage gris non loin de là. Je demande à ma coloc qui est à coté de moi "à ton avis, c'est des nuages vraiment bas ou il pleut?" en désignant l'endroit en question. Elle me dit de pas m'inquiéter, mais je décide tout de même d'aller protéger mes affaires, au cas où. Je n'ai même pas eu le temps de regagner la plage que je suis touchée par les premières gouttes d'eau. Le temps d'attraper mes affaires et la pluie s'intensifie. Après un moment d'hésitation à couvert sous un abri de plage de fortune, je cours vers le restaurant et regarde le déluge bien à l'abri. J'avais oublié ces tempêtes tropicales qui arrivent d'un coup et repartent aussi vite. Puisqu'en effet, une dizaine de minutes plus tard, le ciel est à nouveau dégagé et on retourne s'installer sur la plage.
À l'Intercontinental, le Fare Nautique donne accès à plusieurs types d'embarcation gratuitement. Alors sans la moindre gêne, on est allées demander des paddles. Je rêvais d'essayer, ça tombe bien. Bon, il y avait quelques vagues, et j'ai fait une superbe chute - que personne n'a vu j'espère bien. Mais je me suis bien amusée, debout sur ma planche, à l'encontre des éléments.
Debout sur ma planche, je m'avance, bravant courageusement les éléments, quand je remarque une tache foncée. Algue? Corail? Elle se met à bouger ! Je me rapproche alors, et réalise qu'il s'agit d'une raie. Il y a un paquet ici, j'en avais vu depuis la plage la semaine dernière, et voilà que j'en vois à nouveau. Je la suis un peu mais elle va décidément trop vite pour moi. Je finis par regagner la terre ferme et on se lance dans une série de photos en tout genre avec mes amies. Je vous passe la série pour me contenter d'un magnifique selfie (gosh, je ne sais pas ce qui m'arrive) avec les bungalows en arrière fond.
Le soleil entame sa descente et on repasse sur la plage pour profiter des derniers rayons de soleil. Il faut dire qu'ici le soleil a tendance à se coucher super tôt. Là encore, on a pris plein de photos, et on s'est bien amusés. Et le coucher de soleil était superbe.
Et vous vous dîtes que c'est déjà pas mal pour un week-end. Mais ce n'est pas tout !
La journée du samedi était tranquille, journée à la plage avec une bande de stagiaires de l'hôtel et mon autre coloc. Il a plu un peu, mais il a principalement fait beau. Rien d'exceptionnel, mais une belle journée tout de même.
Dimanche, mes deux colocs travaillaient et je devais donc affronter l'idée de passer la journée seule, sans plan précis. J'irais même jusqu'à dire que j'étais un peu ronchon en apprenant que plusieurs autres stagiaires allaient essayer d'aller voir les baleines qui commencent à arriver au large de Bora et que personne n'avait pris la peine de m'inviter. Je crois même que je suis allée me plaindre que je n'arrivais pas à m'intégrer ici, ce qui était peut-être un peu extrême. Toujours est-il que j'étais assise sur la table de la terrasse avec une de mes colocs en début de matinée, avant qu'elle se mette à bosser quand un voisin passe lui dire bonjour. Il lui propose de faire quelque chose aujourd'hui, mais elle refuse prétextant devoir travailler (ce qui est, en soi, une bonne excuse). Il se tourne vers moi, qu'il ne connait pas du tout, et me demande si j'ai quelque chose de prévu. Je répond que non, et il m'invite tout naturellement à passer la journée avec lui sur un bateau. Je n'ai eu besoin d'aucun temps d'hésitation pour répondre oui avec enthousiasme !
Le temps d'aller chacun de son coté préparer un sac pour nos aventures de la journée et on est prêt à partir. On enfourche donc son scooter et c'est parti mon kiki ! Petite pause pour acheter de l'eau et de quoi manger, puis on repart direction le Sofitel cette fois. On entre dans l'hôtel et on repart par la mer cette fois, à bord d'une petite embarcation, un véritable coquille de noix armée d'un moteur de 6 chevaux. On s'est à peine éloignés de la rive qu'il me demande de prendre les manettes, moi qui n'ait jamais conduit un bateau de ma vie ! Je le regarde hésitante, mais il me rassure et me montre rapidement comment faire. Je m’exécute et me voilà aux commandes de notre barque.
Pendant ce temps, il prépare sa ligne de pêche, avec l'espoir de remonter une belle prise pour manger le soir même. J'ai même eu le droit de tenter la pêche également. On a lancé la ligne une grande partie de la journée. J'ai eu une première touche, mais rien de concret. Un barracuda a coupé la ligne ensuite. Puis en fin de journée, j'ai réussi à remonter une petite carangue ! Mais étant trop petite, on l'a remise à l'eau. Mais j'ai remonté quelque chose, héhé !
Après notre malheureuse rencontre avec un barracuda féroce, il me demande si j'ai déjà eu l'occasion de faire l'excursion Shark & Ray, un peu le truc à faire ici. La réponse est non, j'attends de recevoir mon caisson étanche pour pouvoir prendre des photos et rendre tout le monde jaloux (ou juste garder des souvenirs de ce truc de dingue). Il se trouve qu'il est caméraman pour les excursions et connaît donc les points où on peut trouver nos petits amis sous marins. Il m'emmène donc sur l'un des spots. Au passage, on croise de nombreuses raies, jusqu'à s'arrêter dans un coin d'eau limpide. Le bateau ne tarde pas à se retrouver encerclé de requins. Ah mince, j'ai oublié de préciser que je suis pas très fan de ces créatures. Ah, il faut que j'aille à l'eau? Ah... Oh et mince, on ne vit qu'une fois, je saute ! Il faut dire que l'occasion est trop belle pour la passer: nous sommes absolument seuls et j'ai mon masque et mon tuba dans mon sac. Je suis la seule à l'eau avec mes 8 potes les requins et des tonnes de poissons.
(oui, la grosse tâche grise, c'est un requin)
Et quand je m'éloigne un peu, qui vois-je soudain? Deux grosses raies immobiles, sûrement en train de dormir. Je m'approche encore un peu, et voilà qu'elles se redressent, secouent le sable qui les recouvrent, et s'éloignent très dignement, comme si elles volaient.
On finit par remonter à bord et on se dirige cette fois vers le récif, en s'arrêtant sur une avancée rocheuse. Je suis bien contente d'avoir mes tongs, car ce n'est pas exactement plat mais plutôt acéré. Derrière nous, le large qui se fracasse contre la barrière de corail. Devant nous s'étend le somptueux mont Otemanu et l'île de Bora. La vue est vraiment superbe.
Pfffiou, j'ai beau avoir pris les photos, j'arrive quand même à avoir du mal à y croire quand je les revois. La couleur de l'eau quoi !
Bref, toujours est-il que nous ne nous sommes pas arrêtés là. Notre dernier arrêt s'est fait sur la plage d'un motu, déserte encore une fois. On s'est baigné, on a parlé, et on a joué à Robinson Crusoé en ouvrant une noix de coco avec les moyens du bord soit une ancre et un bout de bois. Après avoir testé, je confirme que je ne suis pas très fan de la noix de coco. Mais l'expérience était juste trop géniale pour passer à coté.
En plus d'avoir passé une super journée, j'ai aussi eu l'occasion de rencontrer un type adorable. J'espère avoir l'occasion de le recroiser souvent. :)
Quel week-end ! J'espère en vivre de nombreux autres aussi cools durant mes six mois de stage ici. Et ça me semble bien parti.
Nana !